Dimanche 23 août 2009 7 23 /08 /Août /2009 15:26

Ma chère enfant

   

           Tu es aujourd’hui entourée de ceux et celles qui te sont chers , ceux et celles qui pensent à toi , t’attendent , te font confiance et imaginent ton avenir , tes expériences . Pourtant  le cercle de ceux qui tiennent à toi s’élargit bien au-delà de nous tous , vers d’autres qui , retenus par leur profession , la distance ou toute autre raison  t’accompagnent et croient en toi bien au-delà de cette après midi . Je pense aussi à ceux qui te manquent , et en particulier à tes grands parents maternels , qui auraient été si heureux d’être avec toi et auxquels ta maman a du penser très fort , aujourd’hui .

          Tu vas bientôt rentrer bientôt de plein pied dans une étape ultérieure , celle qui va te mener bien au-delà de tes frontières , de tes limites actuelles , celle qui va te pousser au-delà de ta maison  , de ton école , de ta famille la plus proche . Tu vas bientôt devenir une jeune fille , il n’est pas loin le temps où ton sourire va s’affirmer , devenir un peu espiègle , attirant , charmant . Tu as empoigné jusqu’ici sans compter tout ce qui t’entoure , te façonne , te montre le dehors , le présent , l’attente que tu portes en toi et que tu représentes . Ta vie va prendre un autre tour , celui d’une ouverture infinie , d’espoirs insensés qui te porteront bien au delà de ce cercle familial qui , aujourd’hui  , se rassemble  et te réjouis . Tu vas conquérir et créer ton monde , celui qui s’ouvre devant toi et vas bien au-delà de ce village , de cette sirène assise qui borde , pas très loin d’ici , la route qui mène à Metz .

         N’oublies rien de tout ce que tu as appris jusqu’ici . Dis toi bien que la vie qui t’attend , s’annonce devant toi , sera d’abord ce que tu en feras . Le monde est grand , il est beau , il recèle des trésors magnifiques qui te rempliront  les yeux de bonheur , de pétillements , de scintillements au point que parfois , tu fermeras tes paupières pour arrêter le temps , le serrer le garder et le conserver précieusement tout au fond de toi .  Tu absorberas de tout tes poumons  l’air qui t’entoure , les embruns de la mer , le souffle du vent , les couleurs d’un arc en ciel , d’un coucher de soleil et surtout de la petite bougie qui vacille  au fond de ton  cœur , comme au fond de chacun de nous . Tu vas devenir une adulte , une femme , que je te souhaite  autonome , libre et responsable . Tu vas te jeter au devant à corps perdu , tenter ton impossible , le dépasser , le vaincre et ouvrir encore et encore des espaces infinis qui te dépasseront , et de loin . Marie , je te le répète le monde est beau , il est grand , il est ce que tu en feras , regardes toujours bien tout autour de toi , bien  au delà des obstacles , des murs , des murailles,  des cernes qui te barreront la route , t’entourent et t’enferment , te brisent et t’effacent : il existe toujours quelque part , une issue , une échappée , un  travers par où passer,   une coulée de lave qui te prend et t’emporte loin de tes soucis , tracas , ou désespoirs inutiles  . Ne regardes pas en arrière  , jamais , regardes au devant , appuies toi sur ton histoire,  tes racines et dépasse  les , et de loin , voles au devant , le plus loin et le plus haut possible , il est des sommets que tu n’imagines même pas , des bonheurs que tu n’imagines même pas et que tu découvriras avec impatience  , joie et satisfaction  . Saches les partager avec ceux qui t’entoureront , te seront chers , te porteront au devant , t’apporteront devant eux et briseront les carcans , les rétrécissements , les étroitesses d’esprit qui pourraient te barrer la route . Tu rencontreras  des difficultés , des douleurs , des craintes et des peines que tu n’imagines même pas non plus , n’oublies jamais , il existe toujours quelque part une issue , un travers , une ouverture par où passer , filer ,aller au delà . Tes pires ennemis seront à l’intérieur , quand tu ne sais plus où aller , que le chemin semble s’arrêter , que tu ne passes plus . Alors , tiens toi sur toi , très fort , vas chercher tout au fond de toi cette petite lumière qui brille , toujours, sans arrêt , ne laisses personne ni rien d’autre souffler dessus , écoutes et regardes ce qui  te fait mal et passe au-delà , au-dedans de toi , ne laisses personne souffler à ta place , ne laisses personne abimer cet espace , cet espoir que tu portes en toi , il fait ton bonheur , ta force , ta présence  . Tu sais , le bonheur est contagieux , se propage , diffuse et passe de l’un à l’autre , tu trouveras en toi et en ceux qui t’entourent ce bonheur et cette force là , tiens  les indemnes  , donnes les à pleines brassées au fil du temps , de ta marche en avant , n’y vas pas par quatre chemin , prends le tien et ouvres le au devant  , le plus loin possible et cours , tu verras , il t’attend des moments insensés , des moments qui ne se comptent plus , te traverseront , te porteront en avant , bien au delà de tout ce que tu peux imaginer

      Apprends tout , gardes chaque parcelle , chaque moment intact dans ta mémoire  , tires en la quintessence , la substantifique moelle , ce qui porte en avant . Rayes , jettes aux orties , écrases le reste  , tu rencontreras des fats , des creux et des imbéciles qui chercheront à te tenir à eux , à te garder pour eux , à te protéger de dangers imaginaires , n’écoutes pas les sirènes de la médisance , de la rancune et de la rancœur , de la haine et de l’intolérance , portes ton cœur , ta tête et tout ce qui te fais au-delà des récriminations , des plaintes et des contraintes , ouvres et apportes ton sens , ta présence , tes conquêtes et ne laisses personne, jamais , t’arracher ceux que tu aimes , que tu choisiras tout au fond de ton cœur , que tu apporteras avec toi , au-dedans de toi . Il ne sert à rien de gémir , de se plaindre  , de se morfondre en conjectures inutiles , savamment entretenues par des peurs irraisonnées , des superstitions barbares , contraignantes , ouvres chaque pas , ouvres chaque porte , tu trouveras derrière des chants magnifiques, des gerbes de fleurs , de mots , de poèmes, d‘attentes et de sens immenses , qui balaieront d’un coup les pleurs , les rigueurs , les retraites inutiles . Ne cherches pas  le vide , l’absence , gardes ton silence au fond de toi , sur cet espace qui te contient , te montre , te transforme . Tu vas devenir une jeune fille  , quelqu’un qui apporte , porte en son sein , donne sans regret et de toutes ses forces , tu vas devenir une jeune fille  qui se transporte , imagine ses émotions , invente et ouvre un monde qui chante et danse . Laisses toi porter par ton imagination , tes espoirs , tes attentes , laisses toi porter par une risée , un coup de soleil , un geste tendre , un apport innocent . Ta gentillesse , ton respect de l’autre , tes connaissances vont grandir , elles aussi , ta mère et moi avons essayé de te transmettre le meilleur de ce que nous savons , avons appris , nous te montrerons encore et encore le chemin qui nous parait le meilleur , l’attitude qui traverse , prospère et se propage ; je t’ai emmené plusieurs fois , et avec Léa dans les endroits  les plus lourds d’histoire et de compréhension de la capitale ; comprendre c‘est prendre avec soi , en soi , apprendre c’est s’enrichir , se grandir,   tu ne deviendras pas seule celle que tu deviendras , prends en toi le meilleur ,  tisses des liens qui écartent les distances , forment un tissu transparent et poreux et tiens le haut et fort comme un étendard auquel se rallier . Elimines les contraintes , les fermetures à double tour , les blocs serrés , tends tes mains au devant , il fait clair partout , tout au long du chemin et la petite lumière que tu portes en toi brillera de tous ses feux , de tous ses éclats , n’espère pas rompre la noirceur ou l’effroi,  passes  ton chemin , pardonnes à ceux qui te feront du mal et vas t’en loin , le pardon est un don , don de soi et don à l’autre , de ceux qui permettent d’aller ailleurs , tu te grandiras en donnant ton amour , ton affection , tu te détruiras en te repliant sur toi , en gardant pour toi tes richesses qui s’étioleront si elle restent confinées , restreintes , rabougries . Pardonnes , donnes et pars , donnes et partages , ne t’attardes pas sur tes blessures et les coups de griffe , guéris et file au loin , ne te laisses pas aller à la rancune et au ressentiment , ils te détruiraient plus sûrement que tout autre ; gardes au fond de toi cette brillance , cet éclat , cette gentillesse et ce respect de tout , ils te porteront , t’ouvriront des portes , des serrures verrouillées depuis longtemps , ils t’emmèneront sur des rivages inconnus , des contrées heureuses et joyeuses , réserves ta présence à ceux qui la maintiennent et la cultivent , l’acceptent et la révèlent .

      Un obstacle est fait pour être vaincu , regardes au-delà , il sera déjà surmonté , n’arraches rien , gardes tout , conserves toi et prends soin de toi  . Aujourd’hui tu es devenue membre de cette gigantesque communauté qui regroupe tous les croyants de notre religion , gardes en le meilleur , qui n’est pas prêt de s’éteindre , tu l’adapteras à ceux qui te rencontreront , te façonneront , t’aideront à passer sur d’autres rives . Ton père , ta mère sont fiers de toi , Trystan est là aussi , qui risque un clin d’œil et te regarde en voulant grandir , lui aussi . Cette journée restera pour nous un magnifique cadeau que nous te faisons , cadeau de la présence de tous ceux qui sont là ,et de tous les autres , nous te transmettons ce message à plusieurs : va , progresse , avance , rassemble ceux qui t’aiment et ne regardes pas en arrière , va ton chemin , il ne s’arrêtera plus . 
         Je t'embrasse
                               Ton père

Par christophe D'épée - Publié dans : culture - Communauté : Interlignes
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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /Août /2009 12:08
  

            Je me suis approché au bord d’un petit ruisseau fleuri , au bout de la forêt , un peu au-delà de sa lisière , vers la plaine du bout . J’étais seul . La journée se terminait en langueur , je ne voulais plus rester là ,tenir un livre dans mes mains ni chercher l’incherchable , l’inatteignable , les mots rentrés et qui font mal , barrière , retour incessant . J’avais quitté les autres , bavards , suffocants , apeurés devant une motte de terre , un creux , une bouée de sauvetage . Je suis venu te dire ici la seule issue possible , tout au bout de ce pays , au bout de moi , de toi , là où le temps se précise , apporte son soutien , sa tenue , là où les mots comptent chacun pour deux, un pour toi , un pour moi  . Chaque mot s’apporte , tient sa route , son sens , ses liens , je suis venu te dire mes mots , pas pour te les balancer à la figure ou te faire la morale , je suis venu te dire mes mots , ceux qui m’ont ouvert , ceux qui m’ont permis de tenir le coup , quand je n’en avais plus , quand mes mots avaient été trahis , tous , jusqu’au silence ultime , celui de l’arrachement de la voix . 

           Sortir du paysage , des contrées inconnues , des gestes insensés , de travers inutiles ,de chemins caillouteux . Nul besoin de chercher ailleurs , de traverser des zones ignorées , le tout se porte au devant , au-dedans , sur le rebours , le revers de la veste , des nappes en soie , des mots en turlupinés . Tenir sur soi , en soi , tenir sur une marche , un tabouret , une chaise, debout , un peu plus haut , se tenir raide et tendre son corps pour le plaisir , le don , le regard de l’autre . Ne plus chercher , ne plus atteindre un foyer ouvert , une lentille concave , un creux borné . Le Tout se prend , se sent , s’atteint sans voile , sans effort , les mots se mettent au dedans des genres , de la grammaire , des consonnes et des voyelles , les mots ne prennent plus à la gorge , ne prennent plus le feu intérieur , extérieur ou autre , les mots s’appliquent , bordent un chemin , une trace , un espoir . Ne plus tenir les mots sur soi ou en soi , s’en servir comme d’autres se servent d’une chignole , pour percer un trou  , planter un cadre , une image qui rappelle , se souvient . Ne plus tendre la main ni les bras , ne plus tendre quoi que ce soit , il suffit de rester , de se tenir sur sa hauteur , ses pas , les siens , pas ceux d’un autre . Tu vois, chercher ne tient plus , atteindre non plus , prendre non plus , les mots se placent et donnent étiquette , sens , tenue , les mots appliquent leur prononciation , les lèvres qui s’entrouvrent , émettent un son , un murmure parfois , une parole plus rarement . Tiens toi là et laisses toi traverser par chaque brin d’herbe , de phrase , de couronne  de soleil , tiens toi là , bouges un peu , tu verras , tes membres se délient , il n’y a rien autour , ni glue , ni fer , ni empoigne . Tu vas aller , tu vas partir . Si tu te retournes , tu verras le monde , il est grand et beau , éclaires le de ta bougie de ta façon à nulle autre pareille , ta bougie vacillera plus fort , prendra corps , flamme , chaleur . Cours , tombes , restes au sol , repars , lances tes mots , ta force , ils ne s’arrêteront plus , les querelles de voisinage , les blessures cruelles  de ta vie ne laisseront plus de traces , de cicatrices , tu verras , le soleil brille fort , et ta petite bougie en dessous aussi , ils se reconnaitront tous les deux , écarteront les scories , les nuages épais , les pluies torrides . Retournes toi et regarde de côté , de face et de biais , partout  un geste , une trace , un feuillage qui vibre , bat la mesure , la sienne , la tienne , les deux qui s’accolent ,s’imbriquent l’un dans l’autre , un coup à droite , un coup  à gauche et tu sentiras la virevolte du temps , des femmes , des retraits et des approches denses , attentives . Sautes , fais la cabriole , le fou , le dingue , fais le monstre puis le ver de terre , le fanfaron puis le serpent , tu trouveras tout au débord , quand les mots se décollent , forment un parcours , un discours qui se poursuit , ouvre des paysages immenses , des contrées que tu tiens en toi , pas au dehors , les contrés du dehors sont inutiles, fermées , robustes , ouvres les tiennes et laisses entrer les astres , la lumière , les rayons  de sel , de poudre  , laisses sortir ta crasse , tes relents inutiles , enfoirés , emberlifiquotés trop souvent  de fois .  Jaillir , creuser , entrouvrir , marcher , tonner , prends tes verbes à ton coup , ceux que tu connais dans notre langage et dans celui des autres , lances les au loin et taches des les rejoindre , tu les verras brilles de milles feux , de mailles étincelantes,, de courses folles qui te porteront bien au-delà des mots , jusque sur des sommets que tu n’imagine même pas , même plus , ne corriges rien laisses le tout te porter t’emporter , il a des bras puissants qui te propulseront en avant , bien au-delà de la douleur , des cris et des pleurs

Par christophe D'épée - Publié dans : Lieux - Communauté : Interlignes
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Vendredi 21 août 2009 5 21 /08 /Août /2009 14:43
Et si la vraie vie ressemblait à ça ?    :

                   Joan Miro
Par christophe D'épée - Publié dans : culture - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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Mercredi 19 août 2009 3 19 /08 /Août /2009 07:35

                                                                                               le 11 aout 2009 

     Je te vois pétiller d’ici , tout au bord de la plage , le soir , quand il ne fait plus trop chaud,  que le soleil baisse . Tes parents t’emmènent le long de l’eau ,  tu t'agites dans ta poussette et te voilà les pieds dans la mer , ébloui par cette immense surface bleue qui brille , les petites vagues qui te mouillent les pieds , pelle et râteau à portée de main pour battre l’air , l’eau , le sable . Gardes bien ton T shirt , histoire d’éviter les coups de soleil et les brûlures de la peau , bois bien ton biberon et manges bien ton quatre heures , histoire de rester bien hydraté. Un peu de vent te fera du bien , et tu regarderas  au loin , vers l’horizon , le ciel , les mouettes , les bateaux et tout ce qui vole , vogue ou bat de l’aile , inondé par tant de couleurs ,  de gestes , d’allers et venues . Tu construiras bientôt des châteaux de sable   , ou de petites rigoles pour faire rouler des billes , des petites voitures , des engins que tu inventeras . La mer est belle vers là-bas , Méditerranée dit-on , mer et terre ensemble , accolés , magnifiques tant l’un que l’autre . Ta grand-mère te pousse probablement devant elle dans ta poussette et s’enorgueillit de te voir grandir , comme moi . Tu batifoles , cours peut-être déjà à quatre pattes ou rampe de ci de là , pour commencer à découvrir un monde qui est fort grand et fort beau . Traverses toutes ces images si belles de soleil et de lumières , gardes en un grand  bout bien imprimé dans ta mémoire , le temps des vacances se garde longtemps en soi et se rappelle de ci de là , quand il pleut , quand  un jouet se casse ou que tout te semblera aller de travers , ton coussin qui tombe  , ton édredon ou je ne sais quoi qui te barre la route .

       Je suis allé me promener du côté de la Drôme provençale , qui se trouve un peu plus bau sud  que chez toi  ; c’est une bien jolie région , pleine de châteaux , de paysages magnifiques  ,  dont ton père doit connaître chaque histoire , chaque péripétie . Je me laisse guider par la route ,  les panneaux indicateurs , je pars comme ça et je découvre un bout de ruine de ci de là , un château  au dessus d’une colline , d’un promontoire . Je suis arrivé du côté de Grignan , ton père t’expliquera qu’a vécu là une vielle dame qui écrivait des lettres à sa fille qui lui manquait tant dans les années 1600  , des lettres qu’on lit encore et qui racontent la vie de ce temps là , quand il n’existait pas encore , et de loin , internet , la télé ou le cinéma . Elle savait raconter comme personne sa petite histoire , ses découvertes et ses enthousiasmes , elle laissait sourdre parfois un brin de nostalgie en pensant au temps qui passe , à sa fille qui vieillissait loin delle et poursuivait son métier de marquise . Son château valait la peine , il a été restauré , refait à neuf et on peut voir sa chambre à coucher , l’endroit où elle prenait ses repas , s’asseyait pour se reposer ou lire . Son balcon donne sur un gigantesque panorama , de ceux qui te portent très au loin , au point qu’on peut presque se demander si on n’aperçoit pas Lyon et sa région , qui sont pourtant bien éloignés . Toi , sur une terrasse pareille , tu imaginerais des batailles navales , des canons et des navires qui s’affrontent , se coulent l’un l’autre dans tes rêves d’enfant , ceux où les batailles n’on pas lieu pour de vrai , ceux où ta vérité conquiert le monde entier sans autre forme de procès . Tu inventeras en des endroits pareils des concerts de rock ou de pop music , c’est l’endroit idéal pour envoyer quelque solo de guitare à l’entour et sentir la musique diffuser tout au loin, vers les châteaux avoisinants , au-delà des collines et des routes étroites qui mènent ici . La marquise de Sévigné faisait résonner ses mots et ses phrases , qui nous parlent encore et sont traduites en toutes les langues d’Europe et d’ailleurs , toi tu inventeras des concerts , des rythmes endiablés , des danses folles qui te promèneront elles aussi très loin de tout . Ne laisses pas ton imagination se rétrécir , viens voir des endroits comme ça et laisses toi bercer par la beauté , l’élégance du bâtiment , les efforts de restauration pour faire revivre un temps révolu . Tu trouveras toi aussi tes mots , tes tournures de phrases pour laisser entendre ce qui te plait , te porte à distance comme le regard qui file au loin, très au loin , bien au delà de la rambarde qui t’empêche tout en haut de cet endroit de t’envoler , de sauter de butte en bute . Tu trouveras tes mots , ta parole , tu la diras bientôt comme une évidence qui coule et forme son nid , son cours et nous te suivrons tous au fil de ton discours , te glissant de ci de là un mot de plus , un trait de plus , pour que tu puisses aller plus loin et , comme la marquise , laisser venir les phrases , les contenus dans un contour lucide , plein d’espoir et d’attention .

 

                                   A bientôt

 

                                                   Papydoc

 

Par christophe D'épée - Publié dans : lettre à mon petit-fils - Communauté : Accueil et présentation
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Mercredi 12 août 2009 3 12 /08 /Août /2009 14:55

        Tiens , te revoilà , lecteur , blotti derrière ton écran , sur une page blanche ou pas   , droit  , tu te tiens à l’écart , tu ne connais rien de ce type qui t’écrit  , tu n’es pas caché ni apeuré , tu es perçu , présent , au-dedans de cet écran , de ce monde qui se déplie et te touche , là , au dessus de ton clavier , de tes bornes . Tu viens ici , tu regardes , tu ne comprends pas , tu ne sais pas ,  tu vas filer , partir , rien ne te retient , ni les mots ni la politesse , les égards , tu restes un peu puis tu vas partir , je ne te connais pas , je ne te sais pas , que cherches tu ? où vas tu ? comment vas-tu ? sais tu encore où tu es , qui tu es ? cherches tu un retour , une marque , une page qui te dise ,où tu te retrouves ? Je ne te sais pas , je ne sais rien de toi , tu te trouves là et moi je t’écris  pour le plaisir de te donner des mots , des phrases , des bribes de sens ,des petits gestes de rien . Si je pouvais , je te prendrais la main , les doigts , je les glisserais sur le clavier , pour que tu m’écoutes , me lises , pour que tu restes là , un instant , comme autrefois au bord d’un feu dans une gigantesque cheminée , sans rien dire , juste une cigarette , une pipe noire ou un brin de whisky ou de café , un livre au bout de la table , quelque chose à lire , à dire , à partager . Tu vois , je t’invente , je cherche à te comprendre , à te prendre avec moi , tu ne connais rien de ce type , tu te demandes ce qu’il te veut , ce qu’il attend . Je n’attends rien , rien que des mots que je jette , pas même à l’eau , dans un courant , dans une bouteille , je jette mes mots éparpillés , discrets , tenus à distance , je jette mes mots pour le plaisir de rompre les minutes , le temps qui passe , la course du soleil , les rides qui s’accumulent , se rassemblent , forment pli , rigole .

               Je voudrais savoir tracer un pli, , un creux , un sillon  rectiligne , j’y placerais mes pas , ma marche , je marcherais ainsi , sans à-coup , je traverserais des paysages , des ponts , des coups de soleil , des ouragans , des marques inconnues , des signes inconnus . Personne ne me suivra ,  ne voudra me suivre , je ne sentirai pas la solitude , le découragement , je sentirai la pluie , le regard des autres , la fatigue , l’épuisement puis je repartirai , toujours tout droit . Ce ne serait pas un chemin rigide , rigoureux , ce serait un style de venir , de marche , pas une course ni un défi , mais un aller , une source qui s’écoule jusqu’au bout , à la fin . Ne cherche pas le sens , le sens est là , au long de cette ligne que je trace , à partir d’un point initial . Je continue et bavarde , je t’entraîne au loin , mais parfois tu abandonnes , tu laisses le passage libre et moi je continue . Mon blog tient comme ça , comme une droite qui s’en va , un point qui se délie , se poursuit à l’infini , un espoir que tu n’atteindras jamais mais tu continues quand même , juste pour sentir cette tension , cette attitude droite . La droite qui te porte te donne aussi son attitude , elle part et se poursuit et toi tu me suis là-dessus , tu t’éloignes et reviens , tu vas très au loin , je ne te vois plus puis tu reviens , changé , ébouriffé mais présent . Je ne cherche pas de trésor , ni dans la langue , ni dans les mots ni au dehors . De toutes façons il n’y a pas de dehors de la langue , les mots infiltrent tout , tu ne peux plus penser ,sentir , voir sans mots , les mots sont au-dedans de toi , tu ne peux pas en partir , en sortir , tu peux les prendre , les aligner sur cette droite qui continue bien au-delà de toi et rencontre d’autres droites , celle des autres , la tienne , celle de  tous ceux qui gravitent autour .

              Tu as du remarquer que les signes des autres chantent parfois , come les calligraphies arabes , elles portent , bercent et te laissent ensuite aller ton cours . Nos lettres à nous disent , affirment , tiennent debout toutes seules , droites , alors que les arabesques balancent , bercent , contiennent et donnent . Les signes chinois  décrivent , apportent tout au devant , en bloc , sans que tu puisses rentrer dedans , les signes chinois se posent , se déposent et toi tu te tiens devant , tu dis et le mots te rentrent dedans comme ça . Nos mots à nous , nos lettres se scindent , s’analysent , se tiennent ensemble et construisent la matière , le monde , les mots chinois apportent et forment une ligne discontinue , le long de ces signes qui s’accumulent , s’empilent , se décrivent .

       Moi , je marche sur ma droite , sur un sillon que je creuse , personne ne le suivra , c’est le mien , personne ne peut tenir  là dedans . Parfois , sans que tu le saches , tu croises ma droite , tu ne la vois pas , tu sens  peut-être un retard , un à-coup puis tu repars , tu ne sais pas que je suis passé par là , il t’importe peu , tu vas , tu cours , tu suis ta marche , tu traverses la mienne . Lorsque nous nous croisons vient parfois un éclat , comme un mot qui se dit , s’exprime et file au dehors , quelque chose comme un crissement de pneu ou un pincement de lèvres .

Par christophe D'épée - Publié dans : culture - Communauté : Les Cultureux éclectiques
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